mardi, octobre 28, 2008

Strapontinnnnn !

Ça y est, j'ai terminé mon travail et je l'ai même remis.
Soulagement.

On annonce une tempête de neige pour ce soir.
Déjà ?
Oui, déjà. L'hiver avance à pas de géant et dans ma tête, l'avenir n'est qu'incertitudes et enthousiasme. On appelle cela la naïveté semble-t-il.
J'ai envie de routes blanches et de craquements de froid, d'un silence figé, d'une bouffée d'air qui glace les sens.

Je plonge aujourd'hui au coeur d'une recherche sur les jeunes peu scolarisés. Je m'intéresse à cerner le profil des jeunes qui se retrouvent dans des entreprises d'insertion sociale. Des entreprises qui donnent souvent leur premières chances aux jeunes qui se cherchent du travail. C'est moi qui ai mené les entrevues pour la recherche et je dois maintenant vérifier les verbatims qui ont été tappés et codifier ces verbatims. C'est long. Mais c'est long parce que je ne sais pas trop comment faire. En fait, la technique, je la connais, mais c'est difficile de porter jugement et de décider, soi-même, de mettre un bout de phrase dans une catégorie en particulier sur certains aspects qui, parfois, se recoupent ou qui, parfois, laissent place à une interprétation assez grande.

C'est passionnant tout cela. D'autant plus que oui, bon, c'est mon travail, mais comme c'est un travail étudiant, j'aurai la chance d'avoir quelqu'un qui repasse sur mon travail pour m'indiquer mes erreurs de parcours et je trouve ça très rassurant.

Dehors c'est gris et j'ai envie d'une tarte au citron qui m'apporterait ce petit quelque chose d'acidulé et réconfortant. J'ai envie de cuisiner comme jamais et franchement, je cuisine beaucoup pour le temps que j'ai. Mais j'ai envie de faire des extras, j'ai envie de textures nouvelles, d'épices et de fleurs. J'ai envie de découvertes et de mille autres choses mais voilà, j'ai des codes à faire...

Go.

lundi, octobre 27, 2008

samedi, octobre 25, 2008

Jour de pluie

Dehors c'est gris, on dirait une autre époque.
Et un dialogue qui revient sans cesse, comme une petite mélodie argentée. En noir et blanc.

Quelques notes pianotées ici et là s'évanouissent à travers ses souvenirs, à travers des réalités qui ne sont peut-être, aujourd'hui, que des traces d'illusions. Ou peut-être pas. Peut-être que c'est lui, l'illusion maintenant.

Des ruisseaux s'épanchent au bout de la rue, transportant des morceaux d'automne sous la terre, à l'abri des regards, dans une autre dimension.

Une bougie qui vascille, une construction de l'esprit qui n'est pas tout à fait au point mais qui, tout de même, décide de se lever pour se faire émasculer par les regards, se faire disséquer par la rapidité des conclusions, par le rejet de la construction sociale. Des mots, imprégnés d'émotions au creux de sa main qui, depuis quelques années, ne se sont pas effacés. Ils sont là, tout au fond de sa chair, tout au fond de son être délinquescent. Ils font partie de sa vision de l'existence, de la honte dithyrambique qu'il se reflétait déjà à chaque seconde. Comme quoi on ne peut jamais repartir totalement à neuf. Et comme quoi c'est aussi bien ainsi.

Il lui faudrait creuser, creuser longtemps dans sa paume pour extraire ces mots. Creuser jusqu'au plus profond de lui, pour les éradiquer, pour peut-être parvenir à les effacer enfin, que le quitte le givre, que le quitte la grisaille qui ne fait que l'assombrir, qu'il puisse enfin s'ouvrir à autre chose, qu'il puisse enfin accepter ses erreurs et se retourner pour marcher au-devant. Qu'il creuse jusqu'au plus profond de lui, dans cet univers poisseux de vie.

En entendant les sirènes tourner dans sa tête, il ferma les yeux. C'était reparti, encore une fois. Et il espérait que celle-ci serait la bonne. Qu'ils arriveraient juste à temps, qu'ils arriveraient lorsque lui serait déjà loin, enfui. Quitter cette vision que l'espoir lui rendait insoutenable.

vendredi, octobre 24, 2008

Fin de semaine Thermos

En fin de semaine, on doit se préparer pour l'hiver...
L'hiver qui s'en vient, enfin !

L'hiver avec foulards tout chauds et doux, la neige qui crispe, le soleil à travers la givre dans les fenêtre, tôt le matin, et les cafés crème, les chocolats chauds ! Les sons étouffés, les voitures silencieuses dans l'univers blanc, les livres oléagineux pleins de couleurs que l'on peut dévorer caché sous de grosses couvertes chaudes.
Tout ça me plait assez bien.

Je m'accommode somme toute bien du froid et les activités d'hiver ont ce charme chaste que l'on ne peut retrouver dans les autres saisons...

Par contre, ce que je peux difficilement endurer, c'est le froid d'un appartement humide et peu chauffé où l'on peut très facilement sentir, par les prises de courant, des rafales de vent lors de journées particulièrement venteuses.
Dans ces cas là, on remarquera que la lecture d'un bon bouquin sous une tonne de couvertures n'est pas seulement dû au fait du charme de l'activité mais aussi dans un esprit de survie combatif.

En fin de semaine donc, c'est la pose de plastiques dans les vitres. Le séchoir va se faire aller !

J'ai hâte de me procurer d'autres livres.

jeudi, octobre 23, 2008

Tergiversations épistémologiques

J'ai presque terminé mon travail de session de métho.
Je suis vraiment contente de ce merveilleux constat, par contre, et l'on m'avait bien averti de cet effet secondaire : je ne comprends plus rien en ce qui concerne l'épistémologie de la méthode des récits de vie que je veux adopter.

Sérieusement ça me fascine solide.

Je travaille à disséquer l'approche ethnosociologique de Bertaux et je la compare avec l'ethnographie, tant l'ethnographie traditionnelle que l'ethnographie contemporaine, plus ouverte sur la subjectivités des sujets mais toujours en considérant celle-ci d'un point de vue réaliste (en ce qui concerne l'ontologie) et objectif du chercheur. Ça va de soi puisque l'ontologie est réaliste. Hin hin hin.

Mais bon, voilà, puisque Bertaux s'intéresse à comparer les différentes "lignes de vie" dans sa méthode, qu'il obtient au bout du compte grâce à la comparaison entre les récurrences des dynamiques vécues dans le réel (objectivement et subjectivement parlant), cela veut dire qu'il accepte, en quelque part, que les individus agissent différemment en fonction de leur subjectivité propre, et donc qu'il n'y a pas qu'une seule réalité mais plusieurs, chaque personne s'inscrivant dans sa réalité tant objective que subjective.... Postulat s'apparentant au relativisme et non au réalisme...

Ou alors Bertaux postule-t-il par là que nous vivons tous dans la même réalité mais que nos propres expériences passées module notre façon d'appréhender celle-ci ? Et que cela produit différentes "lignes de vie"..? Postulat plutôt empirique qui ramènerait mon analyse vers un paradigme plutôt post-positiviste. Les signes auxquels je peux m'accorcher sont minces. D'autant plus qu'il y a 2 textes qui se contredisent au sujet du paradigme dans lequel s'inscrit Bertaux...

Mais s'il n'y avait que ça !
Parce que Bertaux parle aussi dans sa métho que les résultats de l'analyse des premiers entretiens doivent être intégrés au modèle en cours de construction mais également considérés dans le guide d'entretien qui se veut évolutif. Ca veut donc dire qu'il ne part de presque rien à la base et qu'il construit son cadre en même temps que sa collecte de données, ce qui ne colle plus vraiment au paradigme post-positiviste.

Bon.
Voilà.
J'ai décidé d'écrire un mail à ma directrice pour qu'elle me tende une perche me permettant de m'en sortir. Bagaille ! Plus je lis, plus je vois différentes façons de voir et d'interpréter Bertaux et plus je deviens mêlée !

Ma directrice m'a répondu que c'était normal et même, que c'était bon signe !
Géant !
Elle m'a joint une thèse à lire, pour me mêler encore un peu plus, et elle dit qu'elle me donnera d'autres pistes de solution d'ici la fin de semaine.

C'est vraiment excitant !!

M'enfin.

Voilà c'est tout.
C'est un peu lourd mais j'avais besoin de mettre tout ça en mots. On dirait que j'ai tellement lu et que j'ai tellement vu de façons de considérer les choses que je ne sais plus rien. J'ai même parfois de la difficulté à trouver mes mots lorsque je veux dire quelque chose, simplement parce que j'ai l'impression que ma tête est trop pleine.


...

mercredi, octobre 22, 2008

Fantastique : un nouveau mandat de recherche

Wow ! Un autre chose à explorer : la dynamique de la transition du scolaire à la vie adulte chez les enfants ayant un déficit d'attention ou un handicap.

J'aime mon activité rémunératrice :)

mardi, octobre 21, 2008

Chocolat chaud et pain aux bananes : un après-midi qui s'annonce corsé

C'est la dernière ligne droite de mon travail de métho.
Cette session a commencée par un grand spleen automnal avant son temps, le tout agrémenté de questionnements tous plus inquiétants les uns que les autres. Heureusement, il y a toujours ces petits quelques choses étincelants aux couleurs vives pour nous rappeler qu'une journée ne peut totalement s'avérer désastreuse. Comme ma jolie tasse orangée rétro ou encore les petites attentions de L. qui fleurissent ici et là. Il y a aussi Georges Perec qui me regarde à travers mon écran et qui me rempli d'une fébrilité extatique à l'idée de plonger tout mes sens dans un de ses bouquins.

Voilà, devant tant de petites choses merveilleuses, et sachant raisonnablement qu'il en existe aussi des grosses, on ne peut que se dire que la vie est fantastique.
Malgré le travail de métho.
Malgré l'heure des choix de vie à venir.
Malgré les inquiétudes face à l'incertitude et les remises en question de ma propre connaissance de moi-même.

Je crois que j'ai enfin compris ce que je veux et je sens en moi un déclic. De l'air. Et des coquelicots.

Alors c'est avec une motivation beaucoup plus profonde que je termine mon fantastique travail de métho. Parce qu'il m'ouvre les portes d'un avenir passionnant et j'en suis convaincue.

Pour me remettre de cette épiphanie, j'ai décidé de me tapper un bon bout de pain aux bananes. Je pourrais en manger chaque jour sans me tanner. Ce qui tombe bien puisque j'ai quantité de ce fruit jaune de forme longitudinale au congélo.

Cardamome généreuse, cannelle et muscade avec parcimonie et noix de grenoble grillées on the top : voilà un petit délice sans sucre ajouté qui a de la gueule dans cette journée grise.

lundi, octobre 20, 2008

Flash info

Depuis que je suis reviendue et que je suis là, de façon plus ou moins permanente avec du temps (un peu) devant moi, eh bien c'est maintenant que l'on ne se parle plus, toi et moi.

Desfois il y a des moments qu'on attend en les imaginant de milles façons et qui n'arrivent jamais. Un peu comme attendre la suite d'une trilogie qui met tellement de mois à sortir qu'on décroche.

Bin voilà.

J'adore le thé à la menthe. Ça goûte les vacances...et la menthe. Bin si.
En plus le petit gobelet réchauffe admirablement les mains.

Refuge

Mes journées s'étalent sur les mots et les pages griffonnées qui occupent mon espace de travail. On dirait des petites montagnes de pensées qui se chevauchent et se disputent parfois.

Puis, au centre de tout : un café. Et tout près : un crayon mauve.

Ce sont des outils nécessaires à la survie dans cette jungle.
La jungle d'un quotidien paresseux où les efforts se mêlent aux petites victoires sur les mots, sur les re-conceptions, sur la découverte de moi-même.

J'ai envie de lire Georges Perec.

dimanche, octobre 19, 2008

Un dimanche comme les autres - le rappel à l'ordre de son imagination

Je suis en manque de lecture.
C'est une triste constatation et en même temps non. J'ai toujours le goût, de lire. Seulement je lis tellement de trucs pour mes études que je me sens essoufflée, à la fin. Je me sens...les yeux pleins.
Pleins d'images et de paradoxes intelligents qui savent se défendre.

Je suis en manque d'écriture, aussi.
Je suis en manque de moi-même, parfois. D'être totalement en accord, d'avoir du temps, d'avoir la chance de faire ce que j'ai envie avec le temps dont je dispose. Non pas que je sois constamment insatisfaite de la façon dont le temps s'écoule dans mes journées, les études sont un moteur fantastique. Jamais je n'ai été aussi absorbée par la soif d'apprendre, de comprendre, de me découvrir, dans tout ça.

Je pense que je pense trop.
Je pense que j'ai peur de beaucoup de choses, j'ai peur de la vie. Mais plus je comprends et plus je sais pourquoi j'ai peur. Et paradoxalement, c'est vachement rassurant.

Il faudrait que je tente d'écrire au moins 300 mots chaque jour.

vendredi, octobre 17, 2008

XY

72 heures de détente attendues. Pendant 1 semaine.
Puis, enfin, le moment.
On se parle et on se parle comme de vieux amis qui se retrouvent, on ne regarde pas l'heure, on ne regarde pas le temps qui passe même si on sait. Je l'ai regardé à la dérobé parce qu'il y avait quelque chose qui clochait. Il y avait, dans son rire, quelque chose de faux. Comme un bémol qui se glisse par inadvertance.
Intriguant.
72 heures que j'allais passer en sa compagnie de façon inespérée. 72 heures à épier ses mouvements, épier la forme de ses mots, sa façon de décrire sa vie, sa façon d'aimer.
Puis, l'inattendu.
Sous des regards étincelants, l'abîme.
Catastrophes et dégringolades : un regard qui vous fait mal en-dedans. Mal de l'avoir perçu, gêné d'avoir vu cette échappée, ce moment humain mais difficile.

Je n'ai rien dit, pas encore, mais ça viendra bien.
Parce que ce regard a tout changé.

jeudi, octobre 16, 2008

C'est fait.

Voilà, c'est déjà passé.

Je tenais fort le petit carton d'invitation dans ma main, tout le long du voyage en métro. Arrivé au point de rencontre, ma maman était là avec son beau sourire. En-dedans, c'était nerveux.

Puis on a trouvé l'endroit, on a trouvé la salle.
Une gentille dame m'a tendu une boutonnière qu'elle m'a aidé à épingler. De jolies petites fleurs entourées d'un ruban de soie.

Dans la salle, nous avons regardé le plan de la soirée. J'allais être la treizième !
Nous étions bien en avance sur l'heure mais j'étais si nerveuse !
Devant nous, des gens bruyants qui gigotaient. Un garçon particulièrement déplacé avec des fleurs sous son siège.

Ça y est, le mot de bienvenu. La ministre de l'immigration est dans la salle ? Wow ! Ça grouille de gens importants et nous, on est là aussi.

Les remises commencent et c'est bientôt mon tour. Tout s'est déroulé tellement vite que je ne sais pas trop comment j'ai fait pour m'avancer vers l'avant et faire la petite séance de photos et tout. Pour dire vrai, je n'étais pas certaine je vouloir assister à cette remise de bourse, mais finalement, je me suis dis que je me devais bien ça, à moi-même. Il faut bien se secouer un peu, parfois.

Et puis voilà, c'était fait.
J'ai remarqué par la suite que je suis la seule récipiendaire d'une bourse d'étude en santé mentale et que le montant de cette bourse excède le montant normalement accordé pour mon niveau d'études.
C'est complètement dément.

Et puis c'est tout. Nous sommes allées glander quelques secondes au cocktail, il y avait des gens beaux, de jolies plantes et un beau mobilier. Les petites bouchées étaient très raffinées mais je n'arrivais pas à profiter de cette abondance en raison de mon stress et de mon inconfort dans cette ambiance. Mais tout de même, je n'ai pas pu résister à un tout petit sandwich minuscule au foie gras et à la confiture de figues ainsi qu'à une crevette tempura et sa sauce balsamique-wasabi démente.

Je suis contente d'avoir assisté à ce moment avec ma maman bien que je ne sois pas certaine qu'elle ait vraiment apprécié l'expérience. Mais bon :)

jeudi, octobre 09, 2008

Haunted

Pendant que la pluie s'écrasait gouluement sur le pavé, on prenait un café au lait en ne se racontant pratiquement rien mais en étant là, ce qui était tout de même quelque chose compte tenu de notre lien d'amitié aussi fort qu'inconstant. J'étais gorgée de questions mais incapable de les poser pour ne pas faire s'effacer l'image des choses immuables, de ces certitudes que l'on n'ose pas ébranler de peur de s'apercevoir que certains terrains familiers ne le sont plus, que les sentiments changent, que les rêves aussi. Au centre de la table, une vielle facture arborant un numéro de téléphone écrit à l'encre mauve. On aurait dit une petite fleur. Dans les oreilles, du massive attack bien choisi entrecoupé de Frank Sinatra. Décidément l'endroit rêvé pour un café paresseux.

Lorsqu'on s'est quittés, je ne savais pas quoi dire alors que je sentais qu'il attendait quelque chose. Ma curiosité me pousse souvent à réagir à mes impressions, mais pas cette fois. Parce que je ne me sens plus aussi petite dans mes souliers, parce que parfois les amis ça commence bien mais il faut une fin, parce que des fois on a pas toujours le temps d'agir pour les autres afin de leur faciliter la vie.

Je suis donc chez-moi à regarder le soleil et à me poser des questions sur le trou qui me gruge sans être capable de travailler et cela m'effraie.