jeudi, octobre 09, 2008

Haunted

Pendant que la pluie s'écrasait gouluement sur le pavé, on prenait un café au lait en ne se racontant pratiquement rien mais en étant là, ce qui était tout de même quelque chose compte tenu de notre lien d'amitié aussi fort qu'inconstant. J'étais gorgée de questions mais incapable de les poser pour ne pas faire s'effacer l'image des choses immuables, de ces certitudes que l'on n'ose pas ébranler de peur de s'apercevoir que certains terrains familiers ne le sont plus, que les sentiments changent, que les rêves aussi. Au centre de la table, une vielle facture arborant un numéro de téléphone écrit à l'encre mauve. On aurait dit une petite fleur. Dans les oreilles, du massive attack bien choisi entrecoupé de Frank Sinatra. Décidément l'endroit rêvé pour un café paresseux.

Lorsqu'on s'est quittés, je ne savais pas quoi dire alors que je sentais qu'il attendait quelque chose. Ma curiosité me pousse souvent à réagir à mes impressions, mais pas cette fois. Parce que je ne me sens plus aussi petite dans mes souliers, parce que parfois les amis ça commence bien mais il faut une fin, parce que des fois on a pas toujours le temps d'agir pour les autres afin de leur faciliter la vie.

Je suis donc chez-moi à regarder le soleil et à me poser des questions sur le trou qui me gruge sans être capable de travailler et cela m'effraie.

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