jeudi, octobre 23, 2008

Tergiversations épistémologiques

J'ai presque terminé mon travail de session de métho.
Je suis vraiment contente de ce merveilleux constat, par contre, et l'on m'avait bien averti de cet effet secondaire : je ne comprends plus rien en ce qui concerne l'épistémologie de la méthode des récits de vie que je veux adopter.

Sérieusement ça me fascine solide.

Je travaille à disséquer l'approche ethnosociologique de Bertaux et je la compare avec l'ethnographie, tant l'ethnographie traditionnelle que l'ethnographie contemporaine, plus ouverte sur la subjectivités des sujets mais toujours en considérant celle-ci d'un point de vue réaliste (en ce qui concerne l'ontologie) et objectif du chercheur. Ça va de soi puisque l'ontologie est réaliste. Hin hin hin.

Mais bon, voilà, puisque Bertaux s'intéresse à comparer les différentes "lignes de vie" dans sa méthode, qu'il obtient au bout du compte grâce à la comparaison entre les récurrences des dynamiques vécues dans le réel (objectivement et subjectivement parlant), cela veut dire qu'il accepte, en quelque part, que les individus agissent différemment en fonction de leur subjectivité propre, et donc qu'il n'y a pas qu'une seule réalité mais plusieurs, chaque personne s'inscrivant dans sa réalité tant objective que subjective.... Postulat s'apparentant au relativisme et non au réalisme...

Ou alors Bertaux postule-t-il par là que nous vivons tous dans la même réalité mais que nos propres expériences passées module notre façon d'appréhender celle-ci ? Et que cela produit différentes "lignes de vie"..? Postulat plutôt empirique qui ramènerait mon analyse vers un paradigme plutôt post-positiviste. Les signes auxquels je peux m'accorcher sont minces. D'autant plus qu'il y a 2 textes qui se contredisent au sujet du paradigme dans lequel s'inscrit Bertaux...

Mais s'il n'y avait que ça !
Parce que Bertaux parle aussi dans sa métho que les résultats de l'analyse des premiers entretiens doivent être intégrés au modèle en cours de construction mais également considérés dans le guide d'entretien qui se veut évolutif. Ca veut donc dire qu'il ne part de presque rien à la base et qu'il construit son cadre en même temps que sa collecte de données, ce qui ne colle plus vraiment au paradigme post-positiviste.

Bon.
Voilà.
J'ai décidé d'écrire un mail à ma directrice pour qu'elle me tende une perche me permettant de m'en sortir. Bagaille ! Plus je lis, plus je vois différentes façons de voir et d'interpréter Bertaux et plus je deviens mêlée !

Ma directrice m'a répondu que c'était normal et même, que c'était bon signe !
Géant !
Elle m'a joint une thèse à lire, pour me mêler encore un peu plus, et elle dit qu'elle me donnera d'autres pistes de solution d'ici la fin de semaine.

C'est vraiment excitant !!

M'enfin.

Voilà c'est tout.
C'est un peu lourd mais j'avais besoin de mettre tout ça en mots. On dirait que j'ai tellement lu et que j'ai tellement vu de façons de considérer les choses que je ne sais plus rien. J'ai même parfois de la difficulté à trouver mes mots lorsque je veux dire quelque chose, simplement parce que j'ai l'impression que ma tête est trop pleine.


...

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