samedi, octobre 25, 2008

Jour de pluie

Dehors c'est gris, on dirait une autre époque.
Et un dialogue qui revient sans cesse, comme une petite mélodie argentée. En noir et blanc.

Quelques notes pianotées ici et là s'évanouissent à travers ses souvenirs, à travers des réalités qui ne sont peut-être, aujourd'hui, que des traces d'illusions. Ou peut-être pas. Peut-être que c'est lui, l'illusion maintenant.

Des ruisseaux s'épanchent au bout de la rue, transportant des morceaux d'automne sous la terre, à l'abri des regards, dans une autre dimension.

Une bougie qui vascille, une construction de l'esprit qui n'est pas tout à fait au point mais qui, tout de même, décide de se lever pour se faire émasculer par les regards, se faire disséquer par la rapidité des conclusions, par le rejet de la construction sociale. Des mots, imprégnés d'émotions au creux de sa main qui, depuis quelques années, ne se sont pas effacés. Ils sont là, tout au fond de sa chair, tout au fond de son être délinquescent. Ils font partie de sa vision de l'existence, de la honte dithyrambique qu'il se reflétait déjà à chaque seconde. Comme quoi on ne peut jamais repartir totalement à neuf. Et comme quoi c'est aussi bien ainsi.

Il lui faudrait creuser, creuser longtemps dans sa paume pour extraire ces mots. Creuser jusqu'au plus profond de lui, pour les éradiquer, pour peut-être parvenir à les effacer enfin, que le quitte le givre, que le quitte la grisaille qui ne fait que l'assombrir, qu'il puisse enfin s'ouvrir à autre chose, qu'il puisse enfin accepter ses erreurs et se retourner pour marcher au-devant. Qu'il creuse jusqu'au plus profond de lui, dans cet univers poisseux de vie.

En entendant les sirènes tourner dans sa tête, il ferma les yeux. C'était reparti, encore une fois. Et il espérait que celle-ci serait la bonne. Qu'ils arriveraient juste à temps, qu'ils arriveraient lorsque lui serait déjà loin, enfui. Quitter cette vision que l'espoir lui rendait insoutenable.

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