Ça faisait des heures que je pensais à toi, que je me faisais tanguer de tes paroles inexistantes et tes réponses inconsistantes. On aurait dit un film en manque de budget. Je relisais tes notes au milieu d'un nuage de fumée évanescente et poivrée, laissant mes doigts se fracasser contre la paroi de verre qui les contenait. Comme si j'avais pu les toucher, les faire s'engouffrer dans mes paumes à la recherche d'un sens nouveau et les faire couler dans mes veines pour devenir une partie de toi.
J'observais les signes palpables de ton existence, ceux qui avaient survécu à tout ce temps. Les seules traces de ton passage, du croisement de ta vie avec la mienne. Dire que tout ça avait commencé par un désintérêt nouveau et la recherche d'une libération latente.
Les murs sombres reflétaient le toussotement vif des flammes. Tout me rappelait ton essence. Même le silence qui s'éternisait sur mes doigts en sang, s'appliquant à recoller ces morceaux de verre acérés qui me rappelaient l'irrégularité de ton hésitation. Je m'apprêtais à les faire se refléter sur toute la pièce.
J'expirais des incendies, inconsciente, la gorge brûlante et le regard ailleurs. Je m'immergeais à travers toi. Les sons se fondaient dans les battements de mon coeur. Tu irradiais la moindre parcelle de mon corps, irriguant au passage certaines terres cloîtrées dans la hâte. Celles que j'avais mises de côté quand on m'avait dépecée et départit du reste de mes illusions. Je ne sais pas trop pourquoi je t'amenais jusque-là. Si loin.
lundi, mai 26, 2008
mercredi, mai 14, 2008
Bliss
Les rues étaient croustillantes de givre et de blanc. Chacun de ses petits pas produisait un chuintement sourd et ses yeux, émergeants moelleusement de son écharpe bleue, me donnaient envie de lui prendre la main. Parmi les flocons qui tourbillonaient sur la place, mes yeux dansaient de ses détails insipides d'une faim dévorante, réchauffant mes envies alors que mes dents s'accrochaient à ma lèvre inférieure.
Sa voix kidnappait la mienne à des moments innattendus. Tout à côté, un parc enseveli, immaculé, silencieux et observateur. Une pause de 4 temps au milieu d'un staccato qui n'atteindrait jamais son paroxysme.
Il y avait ce risque, juste là. Tout près. Qui se rapprochait au fur et à mesure que nos regards baissaient et que le rouge nous montait au joues. Toutes ces images qui vascillaient comme des flaques d'eau sous les pas des passants...
J'allais y plonger la main, m'immerger complètement sans un regard en arrière. Laisser le reste au hasard. De toute façon, ce que j'y aurait perdu n'aurait pas su m'atteindre à l'endroit où j'étais.
J'avais l'impression de m'ensevelir dans l'indécence de mes espérances, comme un aveugle qui tend la main au hasard avec la certitude qu'il y trouvera quelque chose. Et les battements qui s'arrêtent, dans un hoquet de surprise.
Ce qu'il y a d'étrange dans cette vie, c'est qu'on passe notre temps à crever.
Sa voix kidnappait la mienne à des moments innattendus. Tout à côté, un parc enseveli, immaculé, silencieux et observateur. Une pause de 4 temps au milieu d'un staccato qui n'atteindrait jamais son paroxysme.
Il y avait ce risque, juste là. Tout près. Qui se rapprochait au fur et à mesure que nos regards baissaient et que le rouge nous montait au joues. Toutes ces images qui vascillaient comme des flaques d'eau sous les pas des passants...
J'allais y plonger la main, m'immerger complètement sans un regard en arrière. Laisser le reste au hasard. De toute façon, ce que j'y aurait perdu n'aurait pas su m'atteindre à l'endroit où j'étais.
J'avais l'impression de m'ensevelir dans l'indécence de mes espérances, comme un aveugle qui tend la main au hasard avec la certitude qu'il y trouvera quelque chose. Et les battements qui s'arrêtent, dans un hoquet de surprise.
Ce qu'il y a d'étrange dans cette vie, c'est qu'on passe notre temps à crever.
dimanche, mai 04, 2008
Circle
J'étais assise devant toi, à cette table, dans cet appartement de merde qui me faisait m'excécrer moi-même à travers tout ce que j'y voyais. Je ne sais pas trop ce que j'essayais de faire.
Par la fenêtre, on voyait le toit de la vieille fabrique d'en-face sur lequel on allait regarder la ville les soirs de juillet en fumant de l'herbe et en imaginant des histoires d'horreur à propos de la vieille italienne du dessous. Le câdre de la fenêtre, dépeinturé à force d'y poser notre cul pour admirer le centre-ville en matiné, un bol de café au lait immense dans les mains. La fougère géante que l'on avait massacrée à coup de ciseaux qui tentait plus que jamais d'avaler la télé oubliée, enfouie. Cette merde de chat qui avait appris à ouvrir le frigo frénétiquement.
Ça faisait deux heures que je te crachais tout ce que j'avais en-dedans, que je me l'arrachait pour te le donner, comme ça, les mains pleine de mots dégoulinants d'incertitude à la recherche de quelque chose qui pourrait me réveiller et te faire comprendre.
Et tu m'as souris.
Une sorte de façon de balancer tous mes efforts au loin, là-bas, directement contre ce mur fade. Hygiénique, conforme et imbibé d'opulence. Du coin de l'oeil je les voyaient se liquéfier et se diriger lentement vers le sol, le miasme de mon courage qui crevait sur le parquet laqué en me lançant un regard inerte.
J'avais l'impression qu'une partie de moi n'arrivait plus à survivre devant le caractère avenant de tes paroles et ta certitude acquise.
Je crois que c'est à ce moment que j'ai décroché. J'ai décidé que tu ne pouvais plus m'atteindre, j'avais plus rien à perdre.
Et pis toute façon j'avais encore envie d'un café vanille. Comme dépendance, il y a bien pire, que je me suis dit en sortant.
Par la fenêtre, on voyait le toit de la vieille fabrique d'en-face sur lequel on allait regarder la ville les soirs de juillet en fumant de l'herbe et en imaginant des histoires d'horreur à propos de la vieille italienne du dessous. Le câdre de la fenêtre, dépeinturé à force d'y poser notre cul pour admirer le centre-ville en matiné, un bol de café au lait immense dans les mains. La fougère géante que l'on avait massacrée à coup de ciseaux qui tentait plus que jamais d'avaler la télé oubliée, enfouie. Cette merde de chat qui avait appris à ouvrir le frigo frénétiquement.
Ça faisait deux heures que je te crachais tout ce que j'avais en-dedans, que je me l'arrachait pour te le donner, comme ça, les mains pleine de mots dégoulinants d'incertitude à la recherche de quelque chose qui pourrait me réveiller et te faire comprendre.
Et tu m'as souris.
Une sorte de façon de balancer tous mes efforts au loin, là-bas, directement contre ce mur fade. Hygiénique, conforme et imbibé d'opulence. Du coin de l'oeil je les voyaient se liquéfier et se diriger lentement vers le sol, le miasme de mon courage qui crevait sur le parquet laqué en me lançant un regard inerte.
J'avais l'impression qu'une partie de moi n'arrivait plus à survivre devant le caractère avenant de tes paroles et ta certitude acquise.
Je crois que c'est à ce moment que j'ai décroché. J'ai décidé que tu ne pouvais plus m'atteindre, j'avais plus rien à perdre.
Et pis toute façon j'avais encore envie d'un café vanille. Comme dépendance, il y a bien pire, que je me suis dit en sortant.
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