lundi, mai 26, 2008

Essai 1

Ça faisait des heures que je pensais à toi, que je me faisais tanguer de tes paroles inexistantes et tes réponses inconsistantes. On aurait dit un film en manque de budget. Je relisais tes notes au milieu d'un nuage de fumée évanescente et poivrée, laissant mes doigts se fracasser contre la paroi de verre qui les contenait. Comme si j'avais pu les toucher, les faire s'engouffrer dans mes paumes à la recherche d'un sens nouveau et les faire couler dans mes veines pour devenir une partie de toi.

J'observais les signes palpables de ton existence, ceux qui avaient survécu à tout ce temps. Les seules traces de ton passage, du croisement de ta vie avec la mienne. Dire que tout ça avait commencé par un désintérêt nouveau et la recherche d'une libération latente.

Les murs sombres reflétaient le toussotement vif des flammes. Tout me rappelait ton essence. Même le silence qui s'éternisait sur mes doigts en sang, s'appliquant à recoller ces morceaux de verre acérés qui me rappelaient l'irrégularité de ton hésitation. Je m'apprêtais à les faire se refléter sur toute la pièce.

J'expirais des incendies, inconsciente, la gorge brûlante et le regard ailleurs. Je m'immergeais à travers toi. Les sons se fondaient dans les battements de mon coeur. Tu irradiais la moindre parcelle de mon corps, irriguant au passage certaines terres cloîtrées dans la hâte. Celles que j'avais mises de côté quand on m'avait dépecée et départit du reste de mes illusions. Je ne sais pas trop pourquoi je t'amenais jusque-là. Si loin.

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