dimanche, mai 04, 2008

Circle

J'étais assise devant toi, à cette table, dans cet appartement de merde qui me faisait m'excécrer moi-même à travers tout ce que j'y voyais. Je ne sais pas trop ce que j'essayais de faire.

Par la fenêtre, on voyait le toit de la vieille fabrique d'en-face sur lequel on allait regarder la ville les soirs de juillet en fumant de l'herbe et en imaginant des histoires d'horreur à propos de la vieille italienne du dessous. Le câdre de la fenêtre, dépeinturé à force d'y poser notre cul pour admirer le centre-ville en matiné, un bol de café au lait immense dans les mains. La fougère géante que l'on avait massacrée à coup de ciseaux qui tentait plus que jamais d'avaler la télé oubliée, enfouie. Cette merde de chat qui avait appris à ouvrir le frigo frénétiquement.

Ça faisait deux heures que je te crachais tout ce que j'avais en-dedans, que je me l'arrachait pour te le donner, comme ça, les mains pleine de mots dégoulinants d'incertitude à la recherche de quelque chose qui pourrait me réveiller et te faire comprendre.

Et tu m'as souris.

Une sorte de façon de balancer tous mes efforts au loin, là-bas, directement contre ce mur fade. Hygiénique, conforme et imbibé d'opulence. Du coin de l'oeil je les voyaient se liquéfier et se diriger lentement vers le sol, le miasme de mon courage qui crevait sur le parquet laqué en me lançant un regard inerte.

J'avais l'impression qu'une partie de moi n'arrivait plus à survivre devant le caractère avenant de tes paroles et ta certitude acquise.

Je crois que c'est à ce moment que j'ai décroché. J'ai décidé que tu ne pouvais plus m'atteindre, j'avais plus rien à perdre.

Et pis toute façon j'avais encore envie d'un café vanille. Comme dépendance, il y a bien pire, que je me suis dit en sortant.

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