Les rues étaient croustillantes de givre et de blanc. Chacun de ses petits pas produisait un chuintement sourd et ses yeux, émergeants moelleusement de son écharpe bleue, me donnaient envie de lui prendre la main. Parmi les flocons qui tourbillonaient sur la place, mes yeux dansaient de ses détails insipides d'une faim dévorante, réchauffant mes envies alors que mes dents s'accrochaient à ma lèvre inférieure.
Sa voix kidnappait la mienne à des moments innattendus. Tout à côté, un parc enseveli, immaculé, silencieux et observateur. Une pause de 4 temps au milieu d'un staccato qui n'atteindrait jamais son paroxysme.
Il y avait ce risque, juste là. Tout près. Qui se rapprochait au fur et à mesure que nos regards baissaient et que le rouge nous montait au joues. Toutes ces images qui vascillaient comme des flaques d'eau sous les pas des passants...
J'allais y plonger la main, m'immerger complètement sans un regard en arrière. Laisser le reste au hasard. De toute façon, ce que j'y aurait perdu n'aurait pas su m'atteindre à l'endroit où j'étais.
J'avais l'impression de m'ensevelir dans l'indécence de mes espérances, comme un aveugle qui tend la main au hasard avec la certitude qu'il y trouvera quelque chose. Et les battements qui s'arrêtent, dans un hoquet de surprise.
Ce qu'il y a d'étrange dans cette vie, c'est qu'on passe notre temps à crever.
mercredi, mai 14, 2008
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