lundi, novembre 30, 2009
Le monde incompris de la vieille étudiante à temps plein
-Pis ma grande, comme ça t'es encore à l'Université ?
-Bin oui, je commence mon doctorat.
-Ah oui. T'as quel âge dont ?
-J'ai 27 ans, je vais avoir 28 cet été.
-Wow, ça va durer combien de temps s't'affaire-là ?
-Ah si tout va bien, je devrais terminer ça à 32 ans environ, si je poursuis à temps plein et que j'avance normalement.
-Heille tu dois être découragée !
...
ou encore
-Wow tes parents doivent être désespérés d'avoir un petit-enfant !
ou même
-Ayoye, y'a jamais personne qui va vouloir t'engager à c't'âge là !
ou pire
-Hen, 32 ans pis t'auras même pas d'maison !
...et j'ai même pas encore parlé du post-doc que je rêve déjà de faire. Géant.
Mais en même temps ça me rappelle que je suis exactement là où je voudrais être.
Et que je n'ai pas du tout envie que quelqu'un m'engage.
...
Complexifiez qui disaient, complexifiez.
-Bin oui, je commence mon doctorat.
-Ah oui. T'as quel âge dont ?
-J'ai 27 ans, je vais avoir 28 cet été.
-Wow, ça va durer combien de temps s't'affaire-là ?
-Ah si tout va bien, je devrais terminer ça à 32 ans environ, si je poursuis à temps plein et que j'avance normalement.
-Heille tu dois être découragée !
...
ou encore
-Wow tes parents doivent être désespérés d'avoir un petit-enfant !
ou même
-Ayoye, y'a jamais personne qui va vouloir t'engager à c't'âge là !
ou pire
-Hen, 32 ans pis t'auras même pas d'maison !
...et j'ai même pas encore parlé du post-doc que je rêve déjà de faire. Géant.
Mais en même temps ça me rappelle que je suis exactement là où je voudrais être.
Et que je n'ai pas du tout envie que quelqu'un m'engage.
...
Complexifiez qui disaient, complexifiez.
samedi, novembre 28, 2009
37 pages et le séchoir : mon ami.
Bon, j'ai écrit une page. Youhou !
Fêtons cela, bing boum pow hourra, jour de mardi gras, sortons le vrai beurre.
Il ne me reste que 37 pages et 6 jours. Si je pouvais remettre mon cerveau au prof plutôt qu'un devoir, ce serait beaucoup plus facile. Mais réussir à écrire tous les concepts que j'ai en tête de façon ordonné, c'est vraiment tout un exercice. Écrire un texte avec plus de 170 références aussi.
J'ai réalisé un (autre) pâté chinois végétarien délicieux. C'est désormais un classique quasi-hebdomadaire. Enfin un pâté chinois où je ne suis pas dégoutée par cette chose horrible et puante que je nomme : le boeuf haché. Il s'agit d'une recette aux lentilles. Mais des lentilles vertes, pas des oranges ou des brunes. Les vertes c'est le top.
La tourtière végé aussi c'est excellent. Que de surprises dans le monde de la légumineuse.
D'ailleurs j'aime beaucoup le blog de VeganDad que je consulte régulièrement.
Sinon côté Action-dans-la-vie, j'ai lavé des vitres et posé mes châssis-doubles en plastique.
Pour m'égayer l'esprit je me dis que lorsque je les arracherai vigoureusement en raison de la température clémente 1) ça sera l'été et 2) j'aurai presque terminé 2 sessions de doc.
...et 3) j'aurais probablement lu 400 références.
Nos voisins les mononc's ont décoré pour Noël. Depuis la semaine passée. Le balcon d'en avant ploie sous les lumières, les fenêtres du côté arborent de très kétaines rennes de noël en petites lumières et le balcon arrière, qu'on ne voit presque pas, est encore pire que celui du devant. Et ce n'est pas décembre encore. Vraiment, eux, l'augmentation de l'Hydro ils en ont rien à foutre. Pire : les autres voisins avec un renne mécanisé qui broutte du gazon sec.
Je ne suis vraiment pas tolérante envers les décos, la musique, les annonces et les pères noël en avance.
Fêtons cela, bing boum pow hourra, jour de mardi gras, sortons le vrai beurre.
Il ne me reste que 37 pages et 6 jours. Si je pouvais remettre mon cerveau au prof plutôt qu'un devoir, ce serait beaucoup plus facile. Mais réussir à écrire tous les concepts que j'ai en tête de façon ordonné, c'est vraiment tout un exercice. Écrire un texte avec plus de 170 références aussi.
J'ai réalisé un (autre) pâté chinois végétarien délicieux. C'est désormais un classique quasi-hebdomadaire. Enfin un pâté chinois où je ne suis pas dégoutée par cette chose horrible et puante que je nomme : le boeuf haché. Il s'agit d'une recette aux lentilles. Mais des lentilles vertes, pas des oranges ou des brunes. Les vertes c'est le top.
La tourtière végé aussi c'est excellent. Que de surprises dans le monde de la légumineuse.
D'ailleurs j'aime beaucoup le blog de VeganDad que je consulte régulièrement.
Sinon côté Action-dans-la-vie, j'ai lavé des vitres et posé mes châssis-doubles en plastique.
Pour m'égayer l'esprit je me dis que lorsque je les arracherai vigoureusement en raison de la température clémente 1) ça sera l'été et 2) j'aurai presque terminé 2 sessions de doc.
...et 3) j'aurais probablement lu 400 références.
Nos voisins les mononc's ont décoré pour Noël. Depuis la semaine passée. Le balcon d'en avant ploie sous les lumières, les fenêtres du côté arborent de très kétaines rennes de noël en petites lumières et le balcon arrière, qu'on ne voit presque pas, est encore pire que celui du devant. Et ce n'est pas décembre encore. Vraiment, eux, l'augmentation de l'Hydro ils en ont rien à foutre. Pire : les autres voisins avec un renne mécanisé qui broutte du gazon sec.
Je ne suis vraiment pas tolérante envers les décos, la musique, les annonces et les pères noël en avance.
vendredi, novembre 27, 2009
Instrumentalité et 38 pages à écrire - Si l'Université n'était qu'une glace aux litchis
Journée de pluie assez sombre où depuis ce matin, on dirait qu'il est 5h00 pm.
Mon nouveau bureau de travail, où j'ai enfin assez d'espace pour poser mes16 volumes + mes18 articles, est un véritable fouillis ordonné. Maintenant 7 jours que je travaille à pondre un travail de session que je ne suis toujours pas très en mesure de cerner. Chaque soir je m'endors avec de nouvelles questions et de nouveaux liens à faire entre des lectures de sociologie, de science politique, d'économie et de philosophie. Il paraît que c'est normal ! Ah comme c'est rassurant. En attendant je dois quand même écrire, je présente mon exposé la semaine prochaine.
Le sujet est extrêmement passionnant (il s'agit d'un jugement hautement subjectif ici). Je veut tenter d'expliquer historiquement le glissement de la psychologie du travail et des organisations (PTO) vers une logique instrumentale des rapports de travail et du rapport au travail, subjectivité individuelle incluse. En fait c'est que je suis plutôt révoltée (bon le mot est peut-être un peu fort, disons que je me questionne fortement) sur la façon dont l'organisation moderne (voire hypermoderne) utilise la subjectivité dans le travail à ses fins instrumentale de production et d'hyperproductivité. La subjectivité étant toute les ressources qui font d'un individu sa singularité propre, pour faire court (oui, mettons).
À cela s'ajoute la responsabilisation des individus et l'intériorisation de la contrainte (gros lien ici avec Foucault) qui fait naître un individu qui "s'auto-domine", qui s'auto-contraint à une réussite et une participation citoyenne (ou un leurre de participation citoyenne, c'est selon). Les organisations deviennent ici un territoire bienveillant où les personnes sont enjointes de se réaliser et d'atteindre le paroxysme de leur utilité sociale en contribuant, en contre partie, à la viabilité de l'entreprise et donc, crûment, de n'être qu'un instrument dans la course à la concurrence capitaliste. Parce que finalement, le travail est-il réellement le bastion de la réalisation personnelle et sociale ? Ou s'il l'est, n'est-ce qu'une idée bien utile qui ne ferait que servir le capitalisme ?
Et puis bon, dans mon projet je ne veux qu'explorer la portion historique de la PTO afin de voir pourquoi les psychologues du travail en sont venus, par exemple, à élaborer des théories de comportement organisationnel comme le coaching par exemple, qui, sous des dehors inoffensifs et même vouables, ne font qu'amplifier en quelque sorte, le poids de la domination sociale sur l'individu, l'enjoignant à se réaliser dans les objectifs de l'entreprise en lui laissant croire qu'il s'agit de ses objectifs personnels par la même occasion... (Voire Brunel, en marge, à ce sujet) Alors que ce n'est pas nécessairement vrai, mais comme les valeurs véhiculées sont habituellement habilement vertueuses et qu'on ne peut être contre la vertue, surtout pas aux yeux des pairs compétents, on fini par ne plus trop voir d'écart et de s'empêtrer dans un monologue complexe sur lequel on reste sur sa faim ou encore qu'on délaisse du revers de la main.
Pourtant je suis convaincue que les psychologues des organisations ne sont pas si retords et que c'est plutôt l'histoire et les transformations sociales qui ont conduit à une mutation profonde de la mission première.
hmmm....
Au moins mon prof m'a assuré de la justesse de mes hypothèses.
C'est toujours ça.
J'ai vraiment hâte à cet exposé, j'espère simplement que ma tête se sera désembrouillée à ce moment.
Mon nouveau bureau de travail, où j'ai enfin assez d'espace pour poser mes16 volumes + mes18 articles, est un véritable fouillis ordonné. Maintenant 7 jours que je travaille à pondre un travail de session que je ne suis toujours pas très en mesure de cerner. Chaque soir je m'endors avec de nouvelles questions et de nouveaux liens à faire entre des lectures de sociologie, de science politique, d'économie et de philosophie. Il paraît que c'est normal ! Ah comme c'est rassurant. En attendant je dois quand même écrire, je présente mon exposé la semaine prochaine.
Le sujet est extrêmement passionnant (il s'agit d'un jugement hautement subjectif ici). Je veut tenter d'expliquer historiquement le glissement de la psychologie du travail et des organisations (PTO) vers une logique instrumentale des rapports de travail et du rapport au travail, subjectivité individuelle incluse. En fait c'est que je suis plutôt révoltée (bon le mot est peut-être un peu fort, disons que je me questionne fortement) sur la façon dont l'organisation moderne (voire hypermoderne) utilise la subjectivité dans le travail à ses fins instrumentale de production et d'hyperproductivité. La subjectivité étant toute les ressources qui font d'un individu sa singularité propre, pour faire court (oui, mettons).
À cela s'ajoute la responsabilisation des individus et l'intériorisation de la contrainte (gros lien ici avec Foucault) qui fait naître un individu qui "s'auto-domine", qui s'auto-contraint à une réussite et une participation citoyenne (ou un leurre de participation citoyenne, c'est selon). Les organisations deviennent ici un territoire bienveillant où les personnes sont enjointes de se réaliser et d'atteindre le paroxysme de leur utilité sociale en contribuant, en contre partie, à la viabilité de l'entreprise et donc, crûment, de n'être qu'un instrument dans la course à la concurrence capitaliste. Parce que finalement, le travail est-il réellement le bastion de la réalisation personnelle et sociale ? Ou s'il l'est, n'est-ce qu'une idée bien utile qui ne ferait que servir le capitalisme ?
Et puis bon, dans mon projet je ne veux qu'explorer la portion historique de la PTO afin de voir pourquoi les psychologues du travail en sont venus, par exemple, à élaborer des théories de comportement organisationnel comme le coaching par exemple, qui, sous des dehors inoffensifs et même vouables, ne font qu'amplifier en quelque sorte, le poids de la domination sociale sur l'individu, l'enjoignant à se réaliser dans les objectifs de l'entreprise en lui laissant croire qu'il s'agit de ses objectifs personnels par la même occasion... (Voire Brunel, en marge, à ce sujet) Alors que ce n'est pas nécessairement vrai, mais comme les valeurs véhiculées sont habituellement habilement vertueuses et qu'on ne peut être contre la vertue, surtout pas aux yeux des pairs compétents, on fini par ne plus trop voir d'écart et de s'empêtrer dans un monologue complexe sur lequel on reste sur sa faim ou encore qu'on délaisse du revers de la main.
Pourtant je suis convaincue que les psychologues des organisations ne sont pas si retords et que c'est plutôt l'histoire et les transformations sociales qui ont conduit à une mutation profonde de la mission première.
hmmm....
Au moins mon prof m'a assuré de la justesse de mes hypothèses.
C'est toujours ça.
J'ai vraiment hâte à cet exposé, j'espère simplement que ma tête se sera désembrouillée à ce moment.
lundi, novembre 16, 2009
Bouffée d'air
Ils sont venus me visiter ce week-end dans une voiture bleue avec des miettes de biscuits et des raisins secs dedans. Et une petite voiture sans roue. En plastique. Ce sont de vieux amis qui me rappelle des moments douloureux mais qui, tout à la fois, me rappelle que le temps passe.
Dans cet hotel passage il y avait ce garçon qui nous a accueilli avec un sourire immense pourtant habilement caché au creux de sa barbe gigantesque et rousse dans laquelle nous soupçonnions qu'il s'y dissimulait de la poudre de beigne et, peut-être même, un pistolet. Au sous-sol, une machine à glace über-productive et une distributrice à cochonneries dé-gueu-lasse dont le dernier nettoyage remonte probablement à l'an 1000. Dans l'ascenseur, 2 anglais qui cherchent un bar.
Au resto semi-chic, un serveur arrogant qui m'explique que le Flétan est un poisson. Oui vraiment, je l'ai félicité de sa grande érudition avant de le remercier d'un tel partage de savoir. Quel dommage de gâcher un si bon moment. Un repas décevant et un serveur chiant, heureusement que les gin-tonics à la canneberge, habilement préparés à la chambre d'hôtel, furent salvateurs.
Mais au final, on s'en fout, on était si contents de se voir.
Et là je suis encore aux prises avec cet article scientifique. Il faudrait au moins que je fasse 2 pages aujourd'hui :)
Dans cet hotel passage il y avait ce garçon qui nous a accueilli avec un sourire immense pourtant habilement caché au creux de sa barbe gigantesque et rousse dans laquelle nous soupçonnions qu'il s'y dissimulait de la poudre de beigne et, peut-être même, un pistolet. Au sous-sol, une machine à glace über-productive et une distributrice à cochonneries dé-gueu-lasse dont le dernier nettoyage remonte probablement à l'an 1000. Dans l'ascenseur, 2 anglais qui cherchent un bar.
Au resto semi-chic, un serveur arrogant qui m'explique que le Flétan est un poisson. Oui vraiment, je l'ai félicité de sa grande érudition avant de le remercier d'un tel partage de savoir. Quel dommage de gâcher un si bon moment. Un repas décevant et un serveur chiant, heureusement que les gin-tonics à la canneberge, habilement préparés à la chambre d'hôtel, furent salvateurs.
Mais au final, on s'en fout, on était si contents de se voir.
Et là je suis encore aux prises avec cet article scientifique. Il faudrait au moins que je fasse 2 pages aujourd'hui :)
mercredi, novembre 11, 2009
H1N1
J'ai décidé cette semaine de laisser tomber mes lectures pour le cours du jeudi pour me concentrer sur celui du vendredi.
...
Je viens de recevoir un courriel qui me confirme que mon cours du vendredi est annulé. Super.
Sinon ces temps-ci je lis Valérie Brunel, sur la nouvelle instrumentalisation des rapports de travail et du leurre de l'accomplissement au travail. C'est assez pessimiste mais très intéressant. Je découvre chaque jour des dizaines de lectures que j'aurais du faire et j'apprend à vivre avec la culpabilité.
...
Je viens de recevoir un courriel qui me confirme que mon cours du vendredi est annulé. Super.
Sinon ces temps-ci je lis Valérie Brunel, sur la nouvelle instrumentalisation des rapports de travail et du leurre de l'accomplissement au travail. C'est assez pessimiste mais très intéressant. Je découvre chaque jour des dizaines de lectures que j'aurais du faire et j'apprend à vivre avec la culpabilité.
S'abonner à :
Messages (Atom)