Journée de pluie assez sombre où depuis ce matin, on dirait qu'il est 5h00 pm.
Mon nouveau bureau de travail, où j'ai enfin assez d'espace pour poser mes16 volumes + mes18 articles, est un véritable fouillis ordonné. Maintenant 7 jours que je travaille à pondre un travail de session que je ne suis toujours pas très en mesure de cerner. Chaque soir je m'endors avec de nouvelles questions et de nouveaux liens à faire entre des lectures de sociologie, de science politique, d'économie et de philosophie. Il paraît que c'est normal ! Ah comme c'est rassurant. En attendant je dois quand même écrire, je présente mon exposé la semaine prochaine.
Le sujet est extrêmement passionnant (il s'agit d'un jugement hautement subjectif ici). Je veut tenter d'expliquer historiquement le glissement de la psychologie du travail et des organisations (PTO) vers une logique instrumentale des rapports de travail et du rapport au travail, subjectivité individuelle incluse. En fait c'est que je suis plutôt révoltée (bon le mot est peut-être un peu fort, disons que je me questionne fortement) sur la façon dont l'organisation moderne (voire hypermoderne) utilise la subjectivité dans le travail à ses fins instrumentale de production et d'hyperproductivité. La subjectivité étant toute les ressources qui font d'un individu sa singularité propre, pour faire court (oui, mettons).
À cela s'ajoute la responsabilisation des individus et l'intériorisation de la contrainte (gros lien ici avec Foucault) qui fait naître un individu qui "s'auto-domine", qui s'auto-contraint à une réussite et une participation citoyenne (ou un leurre de participation citoyenne, c'est selon). Les organisations deviennent ici un territoire bienveillant où les personnes sont enjointes de se réaliser et d'atteindre le paroxysme de leur utilité sociale en contribuant, en contre partie, à la viabilité de l'entreprise et donc, crûment, de n'être qu'un instrument dans la course à la concurrence capitaliste. Parce que finalement, le travail est-il réellement le bastion de la réalisation personnelle et sociale ? Ou s'il l'est, n'est-ce qu'une idée bien utile qui ne ferait que servir le capitalisme ?
Et puis bon, dans mon projet je ne veux qu'explorer la portion historique de la PTO afin de voir pourquoi les psychologues du travail en sont venus, par exemple, à élaborer des théories de comportement organisationnel comme le coaching par exemple, qui, sous des dehors inoffensifs et même vouables, ne font qu'amplifier en quelque sorte, le poids de la domination sociale sur l'individu, l'enjoignant à se réaliser dans les objectifs de l'entreprise en lui laissant croire qu'il s'agit de ses objectifs personnels par la même occasion... (Voire Brunel, en marge, à ce sujet) Alors que ce n'est pas nécessairement vrai, mais comme les valeurs véhiculées sont habituellement habilement vertueuses et qu'on ne peut être contre la vertue, surtout pas aux yeux des pairs compétents, on fini par ne plus trop voir d'écart et de s'empêtrer dans un monologue complexe sur lequel on reste sur sa faim ou encore qu'on délaisse du revers de la main.
Pourtant je suis convaincue que les psychologues des organisations ne sont pas si retords et que c'est plutôt l'histoire et les transformations sociales qui ont conduit à une mutation profonde de la mission première.
hmmm....
Au moins mon prof m'a assuré de la justesse de mes hypothèses.
C'est toujours ça.
J'ai vraiment hâte à cet exposé, j'espère simplement que ma tête se sera désembrouillée à ce moment.
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