Les notes, dans ses oreilles, allaient en descendant. De plus en plus longues, de plus en plus graves. Un peu comme ses yeux qui tombaient en gouttelettes dans le courant de l'eau bouillonnante, en-dessous. Petits morceaux salins isolés qui se voyaient perdus, comme tout ses efforts et ses non-dits, au milieu d'une marre de banalité, happés par le manque d'intérêt.
Le manque.
Ce serrement si dense, cette main sur son coeur. L'envie de sauter, de haut. De se laisser désintégrer sans déranger personne, en secret.
Ses pieds prirent la route de son appartement. Un bunker au murs inexistants qui avait la propriété d'élargir le champ de ses visions. Soulagée lorsqu'elle ouvrit la porte, elle jetta un regard sur l'immense lierre qui envahissait sa fenêtre. Enchevêtrées entre les petites feuilles vertes et argent, de petites lumières scintillantes posées au hasard.
Silence, pendant quelques minutes. Elle regarda s'éteindre le reflet du jour sur le mur orangé. S'éteindre comme toutes les certitudes qu'elle avait voulu croire. Toute cette fierté qui avait sombré au fond du fleuve, quelques minutes plus tôt. Comme ce rien, comme cette absence, ce stoïcisme qui avait fait s'éclater les petites mains jointes qui protégeaient son coeur. Un étau d'égocentrisme si dense qu'il n'aurait su rivaliser avec l'effleurement de ses manières délicates.
Silence, encore, pendant qu'au-dedans naissait le premier cri d'une nuit qui s'éterniserait. Elle était celle qui arrivait trop tard et repartait trop tôt. Un ressac d'images teintées de sel.
Aucune trace d'orangé ne paraissait plus lorsqu'elle fit le premier pas.
mardi, août 05, 2008
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