On est déjà demain et moi, je suis toujours dans mon aujourd'hui, à tapoter sur mon petit clavier en alu des mots que je ne suis pas toujours certaine de bien comprendre. J'ai parfois très peur, j'ai parfois des serrements où mon petit coeur s'affole parce qu'il ne sais pas trop si le cerveau, là-bas à l'autre bout, suivra la route.
Je suis épuisée et j'ai décidé d'en finir avec ce travail de session que je tarde à rendre depuis 1 mois. Mes idées sont si embrouillées, mes lecture sont si diverses et je ne suis tellement absolument plus certaine de rien que mes pensées sont expulsées, crachées de ma cervelle comme on vomirait une sandwich à la salmonelle.
Je suis en train d'expérimenter le travail dans la douleur.
Avant, ça a toujours été relativement facile. On regarde la littérature à notre disposition, on fait un petit plan et puis paf, 10, 20, 30, 40 pages...c'est long mais facile. Là je ne fais que des allers-retours. Alors je lis. Et je lis. Des articles, des bouquins, des collectifs... Et j'y comprends plus rien.
Je ne sais plus ce que sera ma question de recherche. Je ne sais plus ce qui m'intéresse. Je ne sais plus quelle méthode je devrai utiliser pour réussir à répondre à une question que je n'ai pas établie. J'ai l'impression que je fais du sur-place depuis des semaines (5 semaines), et que je n'arrive plus à respirer.
Chez les profs, on me dit que c'est normal. Que la période d'inconfort est difficile à supporter mais que tout fini par s'éclairer, un jour, un petit déclic miséricordieux apparaît et soudain on se retrouve dans la lumière tant espérée...
Sigh.
Heureusement que j'ai eu un A+ à la dernière session. Ça me donne une preuve concrète que je suis peut-être pas une cause désespérée.
dimanche, février 21, 2010
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