mercredi, février 25, 2009

Bergamote pour les inconnus

Il faisait si noir qu'elle ne savait plus où se diriger. Ses doigts poisseux fendaient l'air, s'agitant dans la marée amère des différences. Des inconsistances inavouées qui se cachent à soi-même, que l'on ne croit que de passage. Et pourtant.

Le rythme des pas qui s'écartent pour ne revenir que des années plus tard, des inconnus qui s'accrochent en un dernier soupir, des souvenirs goûteux qui ressurgissent en galopant, en galopant à contre courant, contre ce qui nous quitte, contre le temps qui passe, contre la lutte qui se joue au creux du temps. Ne pas oublier, ne pas oublier. Et fouiller la terre, et fouler sa terre, et reprendre son souffle de peine et de misère, se sentir vivre au centre d'une expiration de feu. Se sentir interdit au centre de son propre univers.

Arriver trop tôt et repartir trop tard, se sentir n'être qu'un poème sur les plages de ses propres vacances et ne pas poser de questions, ne surtout pas savoir; par peur de remise en question. Comme si retarder le moment de l'éveil conserverait l'odeur vierge des idéaux dans la perfection de l'instant.

Ses doigts fendaient l'air, comme autant de retours, faisant s'éveiller la conscience d'un renouveau éclatant. Si éclatant maintenant qu'il fallait fermer les yeux. Fermer les yeux pour soutenir le monde réel dans lequel elle poursuivait sa chute, nourrie d'illusions et d'instantanéité.

Comme il faut être cruel parfois pour garder sa tête hors de l'eau. Ne crois pas que je t'aide, je vais plutôt me faire un thé.

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